L’amour toxique dans un couple, tout ce qu’il faut savoir

Commencer une relation amoureuse, c’est se rendre vulnérable. Voilà la faille que l’amour toxique dans un couple trouve pour s’y insinuer et s’y installer.

Afin d’éviter de tomber dans le piège de la manipulation, il est nécessaire de savoir comment l’identifier, de comprendre ce que l’on ressent quand on en est victime et surtout de chercher un moyen de s’en sortir.


Identifier l’amour toxique dans un couple


Une relation toxique commence par le manque de respect et de considération de l’autre. Elle s’établit ensuite avec la domination, la possessivité, l’agressivité et parfois même la violence physique et/ou verbale.

Mais elle n’arrive pas subitement. Elle est insidieuse. Elle s’installe pas à pas, jour après jour par de simples et petites choses pratiquement indétectables.

Puis elle prend toute la place sans que la victime n'ait eu le temps de réagir avant d’être emprisonnée dans une relation qui va peu à peu l'engloutir.

Alors, quels sont les indicateurs de ces liaisons destructrices ?


Tout commence toujours par un amour fusionnel


Les débuts sont souvent une rencontre coup de foudre, une passion extrême. Les deux protagonistes du couple sont chacun le centre de la vie de l’autre. C’est le bonheur absolu, l’ivresse, la sensation d’avoir enfin trouvé l’âme sœur.

Il y a toujours dans ces rencontres, quelque chose de terriblement puissant et déjà le manipulateur amène sa future victime à croire qu’elle est la meilleure chose qui soit arrivée dans sa vie et qu’il ne pourra plus jamais se passer de sa présence. Avec cette stratégie, il piège sa proie sous son emprise.

Puis, arrivent les premiers signes de dysfonctionnement de cet amour fusionnel. Ils sont très légers au début, difficiles à identifier clairement, car le toxique est prudent et surtout c’est dans sa nature de ne pas dévoiler sa personnalité trop rapidement de peur de voir l’autre s’enfuir.

Il y a des pics de colères, des moments d’indifférence inhabituels dans cette passion. Mais ils sont encore trop fugaces et facilement oubliés par la victime qui les attribue à de la fatigue, un surplus de travail. Elle accepte de les laisser se répéter et s’amplifier, espérant toujours que ce n’est qu’un mauvais passage, que tout va revenir à l’ivresse de la rencontre.

Mais ces instants ne diminuent pas. Ils s’intensifient jusqu’à devenir toxiques


La victime entre alors dans un état de dépendance


Le prédateur du couple peut aussi bien être l’homme que de la femme. On a souvent tendance à penser que ce sont elles qui sont sous emprise. C’est une idée qu’il faut écarter, car la manipulation s’exerce sur les deux sexes. Être pervers n’est pas un genre. C’est une déviance de la personnalité.

Le toxique déclenche « son travail » en critiquant l’entourage et la famille de son/sa partenaire. Il se positionne comme le seul à pouvoir lui donner ce dont il/elle a besoin. Il accomplit par ce fait une dépendance qu’il crée avec l’isolement et qu’il renforce en éloignant du couple tout l’environnement social et familial qui existait avant.

C’est là que la véritable emprise commence réellement. Le dominateur change radicalement d’attitude puisque sa proie est à présent sous son contrôle. La cassure est brutale et douloureuse. Il cesse d’être à l’écoute de son/sa partenaire et de s’intéresser à lui/elle. C’est ainsi qu’il le/la déstabilise et prend le contrôle.

Patricia Delahaie, auteure de : Ces amours qui nous font mal, affirme que, selon elle, la toxicité s’installe dès lors que la souffrance n’empêche pas la victime de rester avec son bourreau.

« Ce type de relations cause plus de souffrance que de joie. Si on compare les moments, et que la souffrance l’emporte sur l’allégresse, on est dans une relation toxique. »

Le rapport dominant/dominé s’installe avec la dévalorisation de la victime




C’est le début du véritable amour toxique dans un couple.

Le manipulateur dévoile sa personnalité et les maltraitances commencent et n’en finissent jamais : agressivité verbale et/ou physique, domination, soumission, persécutions.

Un des deux conjoints prend le pouvoir sur l’autre, l’obligeant à se plier à ses exigences pour éviter des sévices. Puis il entame un processus de dévalorisation, en privé, mais aussi en public, afin de le diminuer et l’asservir. Il le blesse, le rabaisse dans le but de s’élever un peu plus dans son rôle de dominant.

Ces remarques et insultes vont devenir récurrentes jusqu’à se transformer en harcèlement.


Puis arrive le stade du contrôle, du chantage émotionnel et de l’isolement

La victime est désormais totalement manipulée. Le pervers peut à présent accroître son emprise. Il devient envahissant, intrusif, jaloux pathologique. Il va jusqu’à exercer une surveillance de l’apparence de son/sa partenaire. Tenue, coiffure, maquillage. Puis il l’incite à réduire son cercle social et notamment ses sorties.

Il/elle lui appartient. C’est lui qui décide et qui accorde ou non à sa proie le droit de faire les choses qu'elle désire.

Mais le dominant va encore plus loin dans sa perversion.

Il utilise le chantage :

  • Émotionnel pour se faire lui-même passer pour la victime et déstabiliser encore plus son/sa partenaire qui ne peut plus se défendre contre des interdictions qui finissent par lui paraître légitimes.

  • Affectif pour venir à bout de ses désirs. Si son/sa partenaire lui refuse un souhait (ou le plus souvent un ordre), il y aura des conséquences désastreuses qui se manifestent généralement par des disputes violentes, des insultes et des sévices.

La proie est prise dans un piège infernal auquel elle ne sait pas faire face. Elle se renferme alors sur elle-même, laissant place à la domination de l’autre pour lui faire plaisir. Car, le plus affligeant dans ce genre de relations, c’est que la toxicité va jusqu’à faire ressentir à la victime le besoin de bien faire pour ne pas décevoir son bourreau.


Comprendre le ressenti de la victime


Selon le Docteur Christine Grou, psychologue, la violence conjugale ne présente pas de scénario clair :

« Il en existe plusieurs types. La plus évidente est bien entendu la violence physique… La violence verbale ou psychologique, quant à elle, est la forme la plus fréquente et la plus insidieuse de violence conjugale, puisqu’elle ne laisse aucune trace apparente… »

C’est la raison pour laquelle la victime de ces violences a souvent un caractère passif de repli sur elle-même. Non qu’elle soit faible. Elle est désorientée.



Elle ne peut pas être elle-même


Elle ne se sent pas libre de s’exprimer et a la sensation de devoir changer ou réprimer sa spontanéité de peur de braquer son partenaire.

Le manipulateur l'a convaincue, au départ, d’être en tout point conforme à ses idéaux. Mais à force de reproches il parvient à la faire douter de l’estime qu’elle a d’elle-même.

Elle n’a plus la sensation d’être reconnue pour ce qu’elle est et a le sentiment d’être dévalorisée dans ses qualités, de n’avoir que des défauts.

Elle ne peut plus être elle-même sans craindre d’être jugée ou méprisée, n’ose plus poser de questions par peur des disputes et culpabilise à tort à longueur de temps.

Puis, elle doute, car son partenaire arrive à la convaincre que le problème vient d’elle. Elle a alors une vision déformée de la réalité. Son bourreau s’est arrangé pour qu’elle ne la perçoive plus telle qu’elle est vraiment ce qui la déconnecte davantage de la vie et l'isole.

Ainsi, la victime vit dans une perpétuelle quête d’être un/une autre afin de trouver la paix.


L’amour toxique dans le couple, la plonge dans un épuisement émotionnel


Une relation saine recharge en énergie et allège le quotidien grâce à l’écoute : c’est la richesse du partage. À l’inverse, une liaison toxique amène à l’épuisement : il faut lutter pour garder un équilibre mental et personnel en même temps que s’investir pour rendre cette douloureuse relation viable, même si c’est un enfer dont la victime n’est parfois plus consciente.

C’est ainsi qu’elle déploie une énergie considérable simplement pour ne pas s’effondrer sous le poids des reproches et de la dévalorisation systématique.

C’est un schéma voué à l’échec et qui l’affaiblit, car personne n’est fait pour résister à long terme à ce genre d’agressions qui détruisent la confiance et l’estime de soi.

De plus, la victime du manipulateur vit sans cesse un ascenseur émotif exténuant et insoutenable. Elle subit les changements d’humeur réguliers de celui-ci et sa méchanceté gratuite.

Il ne faut pas perdre de vue que tout s’est installé graduellement. Personne ne peut accepter autant de souffrance brutalement. Le toxique a testé les limites de sa proie pour savoir jusqu’où il pouvait aller : saute d’humeur, cruauté mentale, insultes. La victime déstabilisée est sous emprise et excuse tout ce que son bourreau lui inflige.


Elle s’enfonce dans le stress et l’anxiété


Avec la perte de confiance en soi, la victime de ces emprises manipulatrices se sent stressées perpétuellement et finit par souffrir de dépression.

Sangloter, douter, hurler, passer des nuits sans sommeil, sont les symptômes caractéristiques de ces liaisons toxiques.

Souvent, elle se réfugie dans un monde factice (lecture, film, écriture…) pour ressentir la tendresse et l’amour qui n’existe plus dans sa vie. Cependant, malgré tous ces signaux, elle n’arrive pas à prendre conscience des répercussions de cette emprise. En effet, la relation toxique s’est mise en place insidieusement et progressivement et le lien affectif entre la victime et son bourreau est solide.

Même si elle sait parfois qu’il est temps d’en finir, elle va rester, car elle est dans le déni : elle est habituée à cette souffrance et elle ne cesse d’espérer que la situation va évoluer.


Comment s’en sortir


Il faut partir du principe qu’un véritable pervers n’acceptera jamais de se remettre en cause. De son point de vue, il n’est pas malade.

Le dialogue n’étant pas une alternative, l’intervention d’un thérapeute ne sera d’aucune utilité.

Selon Sylvie Tannenbaum, auteure de Se libérer de l’emprise émotionnelle

« Une relation toxique, ou il n’y a pas du tout de communication, ou celle-ci est fondée sur des mensonges ».

Qu’est-ce qui peut alors venir en aide de ces victimes de manipulateurs ?



L’aide des proches


L’entourage peut être le premier signal d’alarme d’une emprise :

« Il faut être à l’affût des signes. Est-ce qu’une personne qu’on connaît rit moins qu’auparavant ? Est-elle moins spontanée ? A-t-elle perdu de l’intérêt pour les activités qui lui plaisaient avant de rencontrer son partenaire ? »

Interroge le Docteur Christine Grou.

Les proches doivent essayer de parler avec la victime, tenter de lui faire prendre conscience du danger. Ils peuvent l’inciter à parler, sans la braquer, car elle est fragile et qu’elle a honte.

C’est souvent difficile, car le partenaire toxique l'a isolée.

Mais il est très important pour elle d’oser se confier, de ne pas rester seule avec sa peur et son humiliation. C’est le premier pas vers la libération psychologique.



Mettre fin à la relation


C’est souvent la seule alternative pour arrêter de souffrir.

Sylvie Tannenbaum confirme :

« Quand on est avec quelqu’un qui prend plaisir à nous faire mal, il faut partir en courant… »

Les proies de ces manipulateurs doivent être conscientes qu’il est plus dangereux de rester dans cette relation que de passer à l’action et de s’en aller.



J’espère vous avoir un peu éclairé sur l’amour toxique dans un couple, même si c’est un vaste sujet qui est difficile à traiter dans sa globalité.

J’ai essayé de vous aider à l’identifier, de vous décrire les ressentis et les souffrances des victimes et encore une fois, je nuance mes propos, car il existe probablement des tourments dont on ne parle jamaisJ’ai tenté également de vous prodiguer des conseils pour sortir de cette emprise, mais il reste une réelle question.

Est-il possible de redevenir soi-même après avoir subi autant de mauvais traitements ? Peut-on retrouver l’amour après une relation aussi douloureuse ?

Si vous avez envie de témoigner de ce que vous avez vécu ou si vous avez des remarques, vous pouvez me joindre ici.









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