Bouleversement climatique, dérives sociétaires. La dystopie : réalité ou expression artistique ?

Dernière mise à jour : 23 mai


On le sait tous, le monde va mal. La création de la dystopie est un moyen classique d’expression artistique.

Sociétés inégalitaires, libertés entravées, planète à l’agonie… Les sombres scénarios de ces œuvres d’anticipation rejoignent les préoccupations de notre époque.

Certains auteurs ont pris le meilleur des thèmes dystopiques et le pire du futuriste pour créer un genre qui dépasse les sommets de la science-fiction.

La littérature et le cinéma n'idéalisent plus les romans et les scénarios, l'homme n'embellit plus ses perspectives de vie...

La dystopie est-elle devenue une réalité ?



Littérature et Dystopie

1984 de George Orwell ou Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley sont les pionniers de ce courant dans la littérature. Ils se voulaient alarmistes quant aux changements qui s'opéraient dans le monde.

Ces romans sont surtout dirigés contre l’autoritarisme qui mènerait l’humanité à sa perdition.


Le meilleur des mondes est le premier à être publié en 1932.

Il envisage une humanité parfaite dans laquelle toutes les nécessités sont satisfaites de manière artificielle

Le système dispense à tous de la nourriture, du travail, un physique avantageux, du sexe, et même des pilules pour le bonheur.

Seule la liberté n'existe pas !

Le monde idéal devient donc ici un enfer.

« Un nouveau siècle arrive où les intellectuels et la classe cultivée chercheront des moyens d’éviter les utopies et de retourner vers une société non utopique, moins parfaite, mais plus libre ».Nicolas Berdiaev

Puis le roman d’Orwell, 1984, écrit deux ans seulement après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Ce roman lutte également contre les systèmes totalitaires et met notamment l’accent sur les manipulations qui peuvent être exercées sur les hommes grâce au contrôle permanent qui émane d’une éducation contrôlée.

Le but étant de convaincre le citoyen que son mode de vie est idéal.


Il existe de nombreuses autres œuvres de dystopies modernes telles que les sagas Hunger Games de Suzanne Collins, Divergente de Véronica Roth ou Labyrinthe de James Dashner qui ne sont pas encore des classiques, mais qui, malgré la distraction qu'elles proposent, posent de nombreuses questions sur les dérives de notre monde.

Puis, il y a ceux qui sont terrifiants de réalisme comme La servante écarlate de Margaret Atwood

Mon roman Soleil Blanc dénonce lui aussi le danger d'une société qui étouffe la liberté pour offrir la sécurité.

Faut-il à tout prix être heureux et protégé ou est-il préférable d'être libre?

C'est tout l'intérêt de cette littérature qui est souvent bien plus profonde qu'elle ne paraît à certains.



La dystopie : une bonne histoire pour le cinéma


C'est un courant encore plus répandu dans ce domaine.

Il faut savoir que la grande majorité des films de Dystopie sont adaptés de romans.

La liste des titres est interminable : 1984, Le meilleur des mondes, Fahrenheit 451, Orange mécanique, L’Armée des douze singes, Blade runner, V pour Vendetta, Bienvenue à Gattaca, Equilibrium, Matrix, et j’en oublie évidemment, sont des films qui présentent un futur pervers, fruit du pouvoir totalitaire d’une minorité sur les autres, et une tentative jamais aboutie d’en finir avec le système établi afin de libérer l’humanité de l’emprise dont elle est victime sans le savoir.

Matrix reste probablement le plus populaire, mais tous dénoncent la place de plus en plus importance de la technologie dans nos existences et les conséquences que cela peut entraîner.

Uniformes, caméras, conceptions génétiques, drogues pour embellir la vie, interdiction de l'art pour éviter les émotions, autant de dérives qui visent à privilégier la paix à la liberté.



L'imaginaire lanceur d'alerte


Outre le fait de prévoir les différents destins possibles pour l’espèce humaine, la science – fiction fait aussi résonance aux actualités politiques et sociales.

Contrôle, manipulation, totalitarisme, machines, perte de l’individualité aux dépens de la masse. Ces expressions n’existent pour l’instant que dans les romans et les films.

Et, pourtant, leurs racines sont ancrées dans le monde réel.

Cet imaginaire lanceur d’alerte a le mérite de faire réfléchir et d’ouvrir une porte sur l’avenir. En effet, le développement de la technologie et l’avènement d’une intelligence artificielle sont incontournables.

Mais, la dystopie n'est pas uniquement en lien avec la réalité à travers des innovations technologiques avancées. Elle l’est également au travers de sujets plus sociétaux, tels que les régimes politiques, la surveillance de masse ou encore les inégalités sociales.

Et, c'est d’ailleurs ce qu’ont cherché à dénoncer en partie certains de ces films.




On peut ainsi penser que la dystopie n’est qu’une projection du monde actuel, une représentation de notre futur, ou s'interroger sur la possibilité qu'elle soit un avertissement sur les conséquences qui suivront les choix politiques et sociaux de nos gouvernements.

Finalement, on retrouve plus de liens entre science-fiction, dystopie et réalité qu’on ne pourrait le croire au premier abord.

Sommes-nous alors dans l'anticipation ou dans l'inspiration ?

Quand l’imaginaire donne naissance à des idées parfois surprenantes, mais innovantes, on peut concevoir qu'il a rattrapé la réalité.

Ainsi, la dystopie fait échos au monde réel et en dénonce les nombreuses dérives pour nous mettre en garde contre un futur qui pourrait nous couter notre liberté ou notre survie sur la planète.

Pensez-vous que certaines œuvres artistiques peuvent avoir aujourd'hui rejoint notre existence ?

Quelle que soit votre opinion, vous pouvez en parler ici.







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