Et si l'amour n'était plus un droit?

Lise Muscat

20 nov. 2021

Je vous propose deux extraits du premier livre de ma duologie SOLEIL BLANC Chacun d'eux, je pense vous donnera un aperçu de l'univers de mes romans.

Aujourd'hui je vous propose deux extraits du premier livre de ma duologie SOLEIL BLANC Chacun d'eux, je pense vous donnera un aperçu de l'univers de mes romans.


Extrait 1

"Céleste ferma les lourds volets de la fenêtre de sa petite chambre. Dehors il faisait un froid glacial. Le vent hurlait, violent, lugubre. La nuit arrivait, la longue nuit, celle qui s’installait durant de longs mois, enfermant les hommes dans la peine et l’angoisse.

Il paraissait même que lorsque tout avait commencé, elle avait duré presque une année. Pour survivre, il fallait être fort, se cacher, se battre et surtout, ne jamais abandonner. Vivre sans soleil était un défi.

D’abord, il fallait se nourrir. Aucune plantation ne résistait à la nuit. Les récoltes fanaient, la terre se tarissait et ceux qui n’avaient pas été prévoyants ou ceux qui ne possédaient rien, vivaient de longs jours de famine et de souffrance, entraînant avec elles des luttes sanglantes pour du pain ou pour un peu de chaleur.

De plus, vivre dans la nuit c’était aussi vivre dans la peur. Les ombres étaient froides et dangereuses, presque toujours hostiles. Souvent, il fallait se cacher et se battre.

Céleste disait toujours que les hommes n’étaient pas faits pour vivre sans le soleil. Sans la lumière, c’était le froid, la peur, l’absence de vie.

Comment en était-on arrivé là ? songeait-elle.

Cette terre jadis si belle avait fini par prendre sa revanche et elle leur faisait lourdement payer. Comment se pouvait-il qu’en une vie de femme, si longue soit-elle, les choses aient pu autant changer ?

Les hommes vivaient aujourd’hui dans un monde à la merci des éléments, un univers féroce et difficile où il n’y avait pas de place pour tous. Une terre ravagée par la famine, la maladie, la nuit… le soleil brûlant. "


Extrait 2

"Il fit glisser la robe le long de son corps offert, la souleva entre ses bras, et la déposa avec délicatesse sur les draps qui les attendaient.

Elle se laissa aller avec indolence et désinvolture, comme appelée à la reddition. Ce fut lorsqu’il l’entendit gémir en signe d’acceptation et d’abandon qu’il se sentit étranglé par leur trahison. Ils s’étaient fourvoyés, perdus, et ils s’étaient menti.

Il se maudit de sa faiblesse.

Il s’arracha à son corps dans un supplice, gémissant de frustration et de rage. — Je ne peux pas, déclara-t-il essoufflé et terrorisé.

Nous n’avons pas le droit ! Toi et moi ça ne sera jamais possible… Jamais…

Il se retourna avec violence et quitta la chambre dans une précipitation surprenante. Il se dirigea vers le jardin, mais les rondes autour du feu n’avaient pas encore cessé. Il rejoignit alors discrètement les écuries où il sella un cheval, et s’évanouit dans la nuit en hurlant son désespoir comme un blasphème."